La loi de moralisation de la vie politique est une esbroufe

Publié le par LA REDACTION

L'Assemblée nationale

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Des élus modèles, de la transparence absolue et une nouvelle ère politique. Voilà ce que promettait Macron aux électeurs lors de la campagne présidentielle. Autant dire que le chantier était titanesque et n’avait aucune chance d’aboutir avec un architecte de la trempe de l’ancien banquier de chez Rothschild. La loi a finalement été adoptée ce 9 août 2017 et est loin des promesses maintes fois réitérées. Ô surprise !

Une loi pour rien ! Ce n’est pas la première et le quinquennat Macron devrait battre des records en la matière. Mais la moralisation de la vie politique ne pouvait pas attendre surtout sur le plan médiatique après cinq années hollandaises marquées par la bassesse absolue des soi-disant serviteurs de l’Etat. La loi adoptée définitivement par l’Assemblée nationale est bien vide, mais assez pleine pour ravir des médias qui tournent plus que jamais en boucle en cette période estivale. Que contient donc ce joyau de communication qui permet à nos élites de s’extasier ?

Des demi-mesures…

Pas grand-chose si ce n’est la fin salutaire de la réserve parlementaire qui permettait jusqu’alors de se faire une clientèle afin de s’assurer une réélection tranquille. Pour la seule année 2017, 147 millions ont été mis à disposition des députés et sénateurs qui distribuent cet argent des contribuables comme bon leur semble. Autant dire que les associations LGBT et anti-racistes, subventionnées juste pour exister font la gueule ce matin. Mais qu’elles se rassurent, avec Macron il y a toujours un « en même temps » qui traîne pour sauver la situation. La disparition de la réserve parlementaire va s’étaler dans le temps. Couper les crédits prendra pas moins de sept années ! Une disparition très progressive qui va permettre de trouver aisément d’autres canaux pour perpétuer un système clientéliste bien utile une fois arrivé au pouvoir. Et le principal est fait : les médias annoncent la bouche en cœur que le système est déjà à terre…

Autre « avancée » notable, l’interdiction des emplois familiaux de collaborateurs. Une mesure qui ne pouvait pas ne pas figurer dans le texte final tant il en est question depuis six mois. Si Macron est à l’Elysée c’est bien grâce à la chasse anti-Fillon. Cela valait bien une petite mention dans la loi. Là encore, il y a des exceptions à la règle possible et la Haute autorité pour la transparence de la vie publique et les organismes en charge de la déontologie à l’Assemblée nationale et du Sénat se chargeront de distribuer les bons et les mauvais points en fonction d’intérêts bien peu transparents, eux.

Autre esbroufe, les parlementaires devront désormais justifier de leurs frais. Mais là encore, il y aura pas mal de souplesse pour que ces pauvres petits ne se sentent pas pris au piège après des décennies de liberté totale. Enfin, sorte de cerise sur le gâteau, ces derniers feront l’objet d’une évaluation fiscale en début de mandat. Une farce qui ne plaît qu’aux gogos qui pensent encore que les cadavres dans les placards de leurs représentants ne sont pas connus des services. Les costumes, cadeaux, et autres secrets encore moins avouables sont bien évidemment connus, mais ne sortent qu’au moment opportun.

…Et des promesses essentielles expurgées

Après avoir discuté de ce que la loi contient, il est encore plus triste de faire le bilan de ce qui a été mis de côté. A chaque fois, la majorité et le gouvernement ne sont pas à blâmer. Ils voulaient vraiment que ces mesures fortes soient prises pour renouveler la confiance envers les politiques, mais ce satané Conseil constitutionnel aurait (selon leurs seuls dires) joué les trouble-fête. Pêle-mêle, on a assisté au renoncement sur le casier judiciaire des élus, les activités de conseil, la reconnaissance du vote blanc… Cela fait beaucoup surtout lorsque les deux premières promesses devaient constituer le cœur de la loi.

 

Une fois enterrée la promesse de bannir tous les individus au casier judiciaire plus très vierge, il a fallu protéger un des autres gagne-pain de beaucoup de parlementaires en jetant par la fenêtre l’interdiction d’avoir des activités de conseil en plus de son mandat législatif. Seul bémol, ces activités bien opaques devront avoir débuté au moins un an avant la prise de fonction… Les parlementaires peuvent dormir et compter leurs billets tranquilles, la justice ne s’arrêtera pas devant leur porte.

Enfin, l’idée de transparence si chère à certains prestidigitateurs de type macronien aurait dû aboutir à l’adoption de la reconnaissance pleine et entière du vote blanc avec pour conséquence de procéder à une nouvelle élection s’il atteignait une majorité relative ou absolue. Mais pas question pour un pouvoir qui a été élu par la minorité d’une petite partie de la frange des électeurs de céder à cette requête pleine de bon sens. Il est impératif de prétendre que la démocratie fonctionne bien et les lois bien vides destinées à faire l’actualité pendant deux mois sont suffisantes pour cela. Toute cette joyeuse clique est désormais en vacances ! Un ouf de soulagement pour Mélenchon et pour des Français qui seront pressés comme des citrons une fois la rentrée venue.

24heuresactu.com

 

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Publié dans Gouvernement, Macron

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