Paris : 500 policiers expriment leur ras-le-bol en pleine nuit

Publié le 18 Octobre 2016

L’appel à la mobilisation a été relayé toute la journée de lundi par SMS, mails ou coups de téléphone. Les policiers de l’Essonne avaient déjà manifesté de la sorte à Evry au cours du week-end. Dans la nuit de lundi à mardi, vers minuit, une centaine d'entre eux, rejoints par 400 autres policiers venus de toute l’Île-de-France ont exprimé leur mécontentement à l’entrée de l’hôpital Saint-Louis (Paris X) où est toujours hospitalisé l’adjoint de sécurité grièvement blessé le 8 octobre par un jet de cocktail Molotov à l'entrée du quartier de la Grande Borne à Viry-Châtillon (Essonne). Le cortège s'est ensuite rendu sur les Champs-Elysées.

 

« C’est un ras le bol général » réagit ce gardien de la paix affecté au XVe arrondissement de Paris. « Les policiers en ont par exemple marre de voir leur administration leur répondre que s’ils veulent s’équiper ils doivent acheter eux-mêmes leur matériel. » Une jeune femme montre son équipement : « Mon gilet tactique je l’ai payé moi-même. Ca coûte 70 euros. »

 

Particularité de ce rassemblement, il a été organisé sans organisation syndicale. Un autre policier tempête : « Vous les avez entendus réagir les syndicats quand Cazeneuve a parlé de sauvageons ? Des gens qui lancent un cocktail molotov sur les policiers pour les tuer, ce ne sont pas des sauvageons, ce sont des criminels. » Il reprend : « La patrouille visée était composée d’un adjoint de sécurité et d’un gardien de la paix, c’est illégal. Normalement, il doit y avoir deux gardiens par patrouille, c'est dans les textes. »

Les policiers de l'Essonne menacés de sanctions

Cet autre fonctionnaire poursuit : « Nous n’avons pas peur, nous sommes en colère après Viry-Châtillon et Mantes-la-Jolie ce week-end. Nos collègues n’ont pas tiré quand ils ont été attaqués et le ministre de l’Intérieur les a félicités pour leur sang froid... En fait, pour notre administration mieux vaut un policier mort qu’un délinquant blessé. »

 

Vraisemblablement menacés de sanctions par le directeur départemental de la sécurité publique, les fonctionnaires de l'Essonne ont finalement quitté le rassemblement pour rentrer dans leur département avant que le cortège n'aille rejoindre les Champs-Elysées. Leur départ s'est effectué sous les applaudissements des autres policiers.

 

  leparisien.fr

Rédigé par La rédaction

Publié dans #France

Commenter cet article

Vent d'Est, Vent d'Ouest 18/10/2016 18:16

Ils auraient dû être des milliers. Où sont les soutiens de leur propre corporation ?