Toulon: faute de pouvoir louer un appartement, une retraitée contrainte de vivre dans la rue

Publié le 16 Octobre 2016

Répondant à un mouvement national des établissements d’accueil de jour, Les Amis de Jéricho et Archaos se sont rassemblés hier à l’église Saint-Louis. Rencontre avec une pensionnaire.

Hésitante et embarrassée. Assise sur un banc de bois à peine sec, coupe-vent sur les épaules et capuche sur la tête, Marie-Claire doute. Elle cherche son âge quelques instants, ses mots plus longuement.

Retraitée des cantines scolaires depuis six ans, elle est à la rue depuis le mois d’août et déjà, l’isolement et la solitude ont fait leur œuvre. Mais peu à peu et après un timide sourire, Marie-Claire se confie finalement pour nous raconter son histoire et témoigner de cette galère que traversent de plus en plus de retraités, qui comme elle, doivent affronter la rue.

UNE PENSION DE 1.200 EUROS PAR MOIS ET AUCUNE AIDE

 
Arrivée en février dernier à Toulon où elle avait "toujours rêvé" de s’installer, elle pensait vivre une paisible retraite sur la rade, avant de voir son rêve virer au cauchemar.

"J’avais un premier appartement et j’étais à jour dans mes loyers, explique-t-elle. Mais j’ai donné mon préavis pour obtenir un meilleur logement. Je me suis alors préparée à quitter cet appartement avant de me rendre compte que je ne pourrais régler les frais du suivant". Faute de pouvoir payer les honoraires d’agence et la caution de son nouvel appartement, elle n’en franchira donc jamais la porte.

À 65 ans, avec une pension de 1.200 euros par mois, souvent amputée d’arriérés d’impôts, elle ne parvient aujourd’hui pas à trouver un nouveau logement et n’a droit à aucune aide.

"Parfois je ne touche que 1000 euros par mois, annonce-t-elle. Les services sociaux et le 115 (le SAMU social, Ndlr), me disent de dormir à l’hôtel, mais si je me paye une chambre chaque soir, je ne peux pas économiser pour mon prochain logement". Alors, "le temps de mettre un peu d’argent de côté pour une caution et des frais d’agence", elle dort dehors.

Le plus souvent à la gare de Toulon, où elle se sent en sécurité grâce aux rondes des agents de sûreté. La nuit passée, elle prend ensuite son petit-déjeuner dans l’accueil de jour offert par les Amis de Jéricho, auprès desquels elle passe une bonne partie de ses journées. Avec en tête cette incertitude de trouver un nouveau logement.

Hésitante et embarrassée, Marie-Claire n’hésiterait en revanche sans doute pas une seconde pour dire que la misère n’est pas moins pénible au soleil. Surtout quand il pleut comme hier.

"DE PLUS EN PLUS DE FEMMES ET DE PERSONNES ÂGÉES"  

"On s’est fait jeter de partout!" Après avoir essuyé des refus de la Ville de Toulon pour organiser leur manifestation sur la place de l’équerre ou encore sur le parvis des droits de l’homme, les deux associations d’accueil de jour que sont Archaos et Les Amis de Jéricho ont finalement pu se rassembler hier matin devant l’église Saint-Louis, pour répondre à l’appel national lancé par la fondation l’Abbé-Pierre et la fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale.

Mécontentes d’être le parent pauvre de la lutte contre l’exclusion, ces associations veulent obtenir une reconnaissance et les financements qui vont avec. "Nous voulons le même statut que les Centres d’hébergement et de réinsertion sociale, explique le directeur des Amis de Jéricho. Nous avons 150 personnes dans notre centre et nous avons de plus en plus en de femmes et de personnes âgées. Nous avons besoin d’aide", conclut Karim Bouzar en espérant obtenir gain de cause à l’occasion de l’élection présidentielle. 

nicematin.com

Rédigé par La rédaction

Publié dans #France

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Maurice 17/10/2016 05:30

Aider les retraités français ?
Vous n'y pensez pas, les migrants sont prioritaires !
Il n'y a pas d'argent pour les vieux, tout est dépensé pour les chances pour la France et les migrants.
 Le directeur des Amis de Jéricho n'a pas fini de faire des demandes d'aides pour les associations du même genre que la sienne.